16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 16:13

Par un jugement rendu le 8 novembre 2011, le tribunal de grande instance de Bordeaux a condamné l’association Cauri ainsi que trois personnes présentes le 30 janvier 2010 devant l’hôpital Saint Cyr à Villeneuve sur Lot. Cette action constituait une réponse à des propos tenus dans la presse par Sosthène Munyemana,  toujours visé par des plaintes non éteintes déposées auprès de la justice française depuis 1995. Elle traduisait aussi l’exaspération des rescapés et de leurs proches devant l’inertie de la justice française lorsqu’on lui demande d'instruire des plaintes visant  des crimes de génocide dont ont été victimes les Tutsi du Rwanda en 1994.

A la suite des assignations qui nous avaient été adressées de la part des avocats de Sosthène Munyemana pour atteinte à la présomption d’innocence, nous avions réagi en considérant que cette action en justice constituait déjà en soi une « provocation ». Nous écrivions alors le 10 mai 2010 :

« L'histoire retiendra qu'au « pays des droits de l'homme », ce sont davantage les rescapés et leurs proches qui se trouvent devoir répondre de leurs actes devant les tribunaux tandis que les personnes accusées d'avoir pris part au génocide ne sont toujours pas jugées alors que des plaintes ont été déposées depuis une quinzaine d'années. »

Aujourd’hui, nous pouvons reprendre ces mêmes termes, en ajoutant que désormais la justice française ne se contente pas de recevoir les plaintes visant les rescapés et leurs proches mais qu’elle semble donner raison à leurs adversaires, lesquels ne se privent pas d’utiliser tous les moyens judiciaires et médiatiques dont ils disposent dans notre pays.

Cependant ce jugement  rendu le  8 novembre n’est pas définitif. Nous continuons toujours à croire que la justice française puisse montrer un autre visage.

Face à un scandale qui perdure, nous continuerons à porter ce combat parce que nous avons fait un choix qui nous engage sans équivoque : celui de défendre la mémoire des victimes de ce génocide ainsi que le droit à la justice pour les rescapés …

Le 27 septembre 2011, nous avions reçu le soutien de diverses organisations politiques, syndicales, ou humanitaires, de nombreux militants et sympathisants, ce qui constituait déjà un succès appréciable. Mais dans ce combat long et difficile où l’on ne gagne pas à tous les coups, ni sur tous les plans, une mobilisation encore plus large de toutes les bonnes volontés reste nécessaire pour que la vérité et la justice finissent par l’emporter. C’est pourquoi nous en appelons à la solidarité morale et matérielle de tous les individus et de toutes les organisations qui voudront se joindre à notre combat.

 

Bordeaux le 16/11/ 2011

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Publié par Cauri - dans Communiqués
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